Mardi 1 septembre 2009 2 01 /09 /Sep /2009 22:40
Le recueil 'Tabouret" est paru ce mois d'Août 2009
Composé de 40 poèmes il est vendu 12 €
Numéro ISBN et dépôt légal déposés
Chez l'auteur : pyerch@laposte.net
Par Jen - Communauté : poésie en vrille et en vrac
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Samedi 9 mai 2009 6 09 /05 /Mai /2009 01:28

là-bas

 


engorgement des systèmes

recherche incessante des articulations

engagement fortuit

aux crémaillères descendantes

étroites canalisations

siphons multiples désaccordés

hérissons grippés aux parois noircies

aux petites mains petits goupillons

 

à cette construction d’idées indifférentes

l’on chercha les raccords diffuseurs

toute machine bienvenue

aux étages multiples des saveurs

quels branchements salutaires

de tout ce monde aux affaires

un grain de millet

tubercules entassés

une flaque onctueuse

 

c’est ainsi que le palabre démarra

étrange désinfection

parcours solitaires

sur les hauts plateaux

tout à ses réflexions

ses encres ordinaires

et ses justes tourments

ses calculs de taux

et ses points tâtonnants

 

est-il possible d’ordonner

les jeux de la famine

tous ces tuyaux enchevêtrés

aux synapses décalées

prendre le fuseau

où elles se tordent,

s’attachent, se languissent

terriblement amoureuses

 

inaboutie force des maux

désespoir noduleux

latérites raclées

les assiettes creuses

pendent aux lacets

des revues entraînées

des syllabes accumulées

 

l’image et le drapeau

couvriront l’escroc

des champs et des cases

des pavés disloqués

des fétides annoncées

des membres hagards

 

enroués les cris n’irritent plus

les pensées désarçonnées

aux doigts des mains

on ne sait plus déchiffrer

ce sont des univers tant éloignés

 

ils sont notre exil

 

ne crois plus à ces infimes taches

ce morcellement intime

multiplication des divisions à vingt chiffres

ne vois-tu pas :

les passeurs s’éternisent

les bacs ont leurs planches effondrées

il n’y a plus de traversée.





 

simba, twiga et samboso

n’ont pas la parole

 

 

 J.R.

 

 

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Mercredi 8 avril 2009 3 08 /04 /Avr /2009 22:42

we feed the world

le marché de la faim

 

 

pierres bouillies                                                                                      

à donner le tournis

eau saumâtre

à bulles profondes

en sourdine quelques pleurs

faisant la ronde

autour de cette infinie

et sinueuse faim

 

pierres bouillies

de l’illusion repue

du silence entendu

des squelettes tremblants

déjà têtes chenues

d’une vie en semblant

 

dans l’ombre des cages

plusieurs tas d’images

collées aux murs roques

jouent et s’entrechoquent

le mouvement faiblit

la peau s’endormit

sans rêve, cent cauchemars

la mort triera au hasard

 

les yeux scintillent

de pleurs retenus

trop là-bas brillent

de champs et de nues

et à l’impossible

nul n’est tenu

hypocrite larme

écrase-toi donc

sur ce trottoir parme

 

 

pierres bouillies

seront ta soupe

immobile temps

des faims glauques

c’est un pays d’orénoque

ou pas si loin

toujours peuplé d’indiens

étrange assemblage

de tant de mirages

 

pierres bouillies

cette hantise !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour que leurs gamins arrêtent de pleurer de faim

leurs mères font bouillir des pierres dans de l'eau

 en leur disant qu'elles préparent le repas.

Le temps passant elles souhaitent que ces gamins s'endormiront

et arrêteront alors de pleurer.

Cela se passe au Brésil où 25 % de la population

 ne mangent pas à sa faim

Par Jen - Publié dans : Poésie - Communauté : poésie en vrille et en vrac
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Dimanche 29 mars 2009 7 29 /03 /Mars /2009 10:37

                                                 à  Medhi,

jeune adolescent

victime d'homophobie

                                                       blessé

 

ça, hier

rodomontade d’écolier

en fin de matinée

feuilletant un cahier

 

hier, ça

une vulgaire insulte

prise à l’arraché

dans un bruit feutré

 

ça, hier

n’avait d’importance

que pour ces cultes

d’immenses insolences

 

hier, ça

est tombé sur son front

stigmate de remontrance

creusé si profond

 

ça, hier

a déchiré le hurlement

des planchers éreintés

murs effondrés

lentement

 

hier, ça

s’est refermé mains cramoisies

silence émietté

souffle perdu, arasé

anéanti

 

ça, hier

j’ai refermé son cahier

clos ses plumes et ses lignes

rangé ses cris

abaissé les paupières

au soleil rougeoyant.

Jen R.

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Vendredi 27 mars 2009 5 27 /03 /Mars /2009 21:37

                         vertige

 

graveleux, grincheux, grignoteux

un ver de terre pensait à sa mère.

 

de couloirs en couloirs, nocturnes,

il biaisait les racines des pousses tendres

ébloui

 

un jour…n’en fallait-il qu’un…

on imagina sa rencontre

avec une commère de son espèce

sylphide, sphérique et silencieuse

 

l’histoire fut rapide à consommer

une taupe de noble prestance

épargna… on ne sut…

et d’un régal fit bombance

d’une commère

ou bien…

d’un ver de terre qui pensait à sa mère.

 

 

 

                                                            Jen R.

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